Transport urbain à Abidjan : un vrai enfer !

Crédit: http://www.centerblog.net/actualite/456368-2-la-sotra-societe-de-la-triste-realite-d-abidjan
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Yopougon-Niangon, 6h00. La rue est bondée de monde attendant des véhicules de transport en commun pour aller au travail. Les Bus de la SOTRA sont plein à craquer, les taxis compteurs sont devenus rares comme l’argent dans ma poche. Les gbakas sont remplis, restent plus que les wôrô-wôrô, les taxis communaux. A de pareilles heures, les chauffeurs de wôrô-wôrô deviennent les maîtres du monde. Ils refusent de s’arrêter, ils démarrent en trombe avant même que tu n’aies placé le moindre mot sur ta destination.

J’attends, comme tout le monde, qu’un de ces rois veuillent bien me prendre. Un wôrô-wôrô vide pointe son nez, on le hèle, il s’arrête. C’est la ruée vers le véhicule bleu.

Clients : A gauche.
Chauffeur : Non
Clients : A droite ?
Chauffeur : Non
Clients : Tout droit ?
Chauffeur : Non

Apparemment, le monsieur ne va nulle part. Je décidé d’enfoncer le clou.
Moi : Nulle part ?
Chauffeur : Non monsieur, je ne vais pas là-bas !

Toutes ces personnes qui attendent sont pour la plupart des fonctionnaires, des travailleurs dans le privé, des hommes et femmes installés à leur propre compte, des élèves et étudiants et au bas de cette chaîne alimentaire, que dis-je, au bas de cette chaîne laborieuse, cette chaîne de travail, se trouvent les en bas de en bas. C’est-à-dire nous autres, nous qui ne travaillons pas. Ou plutôt, nous qui travaillons à trouver du travail. On fait comme tout le monde. On sort aussi les matins et on attend les véhicules, gonflant ainsi inutilement le rang des gens bien, les gens utiles à la société, les travailleurs.

La situation du transport urbain est très difficile à Abidjan. Aux heures de pointe, il est quasiment impossible d’avoir un véhicule pour se déplacer. Face à cette difficulté, les populations font preuve d’ingéniosité. Certains font le « super-po », technique consistant pour deux personnes à utiliser le seul et même siège dans un gbaka. D’autres font le « gbé ». Le gbé, en langage ivoirien, c’est lorsque le chauffeur décide de faire de la surcharge. Dans ce cas, plusieurs passagers sont debout dans le gbaka, s’agrippant à qui mieux mieux aux fers rouillés du véhicule. D’autres encore, ceux qui ont un peu plus de moyens, font du covoiturage ou transforme carrément leur véhicule personnel ou de fonction en wôrô-wôrô (Taxi inter-communal), c’est malin.

Au bout de plus d’une trentaine de minute d’attente, je décidé de marcher. La marche est une activité très bénéfique. Non seulement elle va améliorer ma santé, mais elle me permettra de faire des économies. Large sourire aux lèvres en pensant à cette ingénieuse idée de génie, je m’engage sur la route, riant intérieurement des travailleurs qui attendent et qui sûrement, attendront longtemps. Après 1 h de marche, le sourire s’efface complètement pour faire place à une mimique de colère et d’exténuation, le tout arrosé de sueur me dégoulinant de partout.

Je marche en ayant dans le cœur un profond regret. Nous aurions dû voter, il y a quelques années, un certain candidat qui nous promettait le métro à Abidjan. Cela nous aurait sans doute permis de trouver une solution définitive à ce récurrent problème de transport dans la capitale économique. Le métro aurait permis de décongestionner un temps soit peu le circuit classique de transport en commun pour permettre à nos vaillantes couches sociales laborieuses de vaquer tranquillement au développement et à l’émergence de notre pays. 2020 n’est pas loin. On entend sonner les sirènes de l’émergence dans un horizon encombré de masses nuageuses noires, denses et difficilement accessible.

11 thoughts on “Transport urbain à Abidjan : un vrai enfer !

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